Existe-t-il un serveur internet mondial ?

Il existe une polémique qui a surgi ces dernières années sur le contrôle d’Internet. Si les Etats-Unis sont à l’origine d’Internet, leur mainmise continue d’être dénoncée alors même que des voix se sont élevées pour dénoncer leur volonté de mettre fin à ce qui a été jusqu’ici un des principes directeurs d’Internet, la neutralité du net. De telles choses nous amènent à nous interroger sur le contrôle d’Internet, notamment en ce qui concerne les serveurs, ces ordinateurs qui fournissent les données que nous recherchons sur Internet. Un seul serveur est-il capable de jouer ce rôle ?

serveur Internet mondial

Existe-t-il un serveur Internet mondial ?

Si Internet est un réseau qui met en lien des ordinateurs connectés de par le monde, il y a bien un ordre dans ce chaos, car il est difficile d’imaginer qu’un tel réseau Internet mondial puisse fonctionner sans un minimum de règles, plus encore, qu’un seul serveur puisse en assurer le bon fonctionnement.

Comprendre la notion de serveur

Internet, c’est d’abord un réseau permettant aux milliards d’ordinateurs (PC, smartphones et autres…) éparpillés à travers le monde de communiquer par échange de données. Ces données sont fournies par les serveurs, des sortes de matériels informatiques chargés de répondre aux requêtes lancées par des ordinateurs distants appelés dans ce système « les clients ». Le « serveur » ici désigne le rôle joué dans le système, et non un appareil en particulier. En effet, peuvent jouer le rôle de serveur un simple ordinateur ou une ferme de calcul la taille étant liée à la quantité de requêtes traitées. Plus elles sont nombreuses, plus grand sera le serveur. Certaines de requêtes les plus importantes traitées quotidiennement par les serveurs sont :

  • L’accès aux informations du web
  • L’accès aux bases de données et la sauvegarde des données
  • L’utilisation du courrier électronique (envoyer et consulter les mails)

Toute personne qui utilise Internet est donc un « client », servi par des serveurs disséminé dans le monde. Mais, dans la hiérarchie des serveurs, les serveurs de nom de domaine sont peut-être ce qu’on peut qualifier de serveurs Internet mondiaux.

Une hiérarchie dans les serveurs Internet ?

Pour chaque page web ou site internet qu’on souhaite joindre sur Internet, on tape une adresse sur notre navigateur. Par exemple pour www.edf.fr, votre ordinateur lance une première requête DNS (serveur de nom de domaine) pour savoir lequel de ces serveurs racines (il y en a 13) est responsable du nom de domaine .fr (il pouvait tout aussi être .com , .org , .net , .eu …) utilisé dans la requête : c’est le premier niveau. Le serveur identifié, l’information est retournée sous forme d’adresse IP. Une nouvelle requête est donc envoyée vers le serveur identifié pour retrouver le serveur responsable du nom de domaine « edf », et ce serveur de deuxième niveau fournit l’adresse IP edf.fr .Voilà par quel cheminement d’une adresse tapée sur le navigateur, on aboutit à l’adresse IP de la page qui contient les informations recherchées.
Le serveur de noms de domaine dit serveur de premier niveau, ou serveur racine est peut-être ce qu’on peut appeler un serveur Internet mondial. Au nombre de 13, c’est l’« Internet Corporation for Assigned Names and Numbers » (ICANN) qui encadre et contrôle ces serveurs.

serveur Internet mondial

L’ICANN, organisme en charge de la gestion d’Internet au niveau mondial

Les ordinateurs communiquent entre eux sur Internet grâce aux adresses IP. Il s’agit de 4 suites numériques séparées entre eux par des points. Ces adresses identifient chaque appareil qui se connecte au web, les clients comme les serveurs : ils permettent d’identifier précisément le serveur pouvant traiter la requête, et le client qui a émis la requête pour lui envoyer le résultat demandé. Il est donc important que l’adresse IP de chaque participant au réseau soit unique pour qu’une requête ne se perde pas dans l’immense réseau. C’est à ce niveau qu’intervient l’ICANN.

La création

Internet étant devenu l’affaire de chacun et de tous les pays, de très fortes pressions ont été exercées sur le gouvernement américain dès la fin des années 90 pour qu’Internet ne soit plus l’affaire des seuls Etats-Unis d’Amérique. Le pays jusque-là gérait l’Internet civil sous la houlette d’une agence gouvernementale, la NTIA (National Telecommunications and Information Administration). C’est ainsi que sera créée l’ICANN en 1998, société de droit privé basée en Californie qui reprend les prérogatives précédemment attribuées à la NTIA, en plus de la gestion du réseau et donc, de décider sur comment et à qui sera attribué les noms de domaine tant pour les serveurs Internet mondiaux que pour les simples appareils « clients ».

Son travail

L’ICANN, nous l’avons dit, attribue les adresses IP, mais comment ?
D’abord, il détermine les adresses IP disponibles dans le monde et décide de qui les utilisera. Il les distribue ensuite entre les cinq registres Internet régionaux, des organismes qui se chargent de les redistribuer sur chaque continent.
L’autre prérogative importante dévolue à l’ICANN, c’est l’administration des 13 serveurs racine qui contribuent au fonctionnement harmonieux du web.

Les serveurs racines de l’Internet mondial

Toutes les requêtes concernant les noms de domaine de premier niveau tel qu’expliqué plus haut, sont répondues par des serveurs racine du DNS qui redirigent la requête vers le serveur concerné. Originellement sous 13 identités (au lieu de 13 serveurs physiques), ils sont en fait dupliqués en de nombreux autres serveurs miroirs localisés dans plus d’une centaine de sites répartis dans 53 pays. Des institutions privées, universités et administration publiques les hébergent et les supervisent sous le contrôle de l’ICANN.

La vulnérabilité d’un système centralisé

Des attaques informatiques de grande ampleur visant les serveurs racine DNS ont eu lieu en 2002, 2007, puis en 2015. Bien que sans conséquences fâcheuses pour le fonctionnement de l’Internet mondial, les attaques sur ces serveurs, tantôt généralisées, tantôt ciblées, aura tout de même montré à quel point le système est vulnérable. Fort heureusement, le système des serveurs racines est robuste car en cas d’attaque, les requêtes ne pouvant être traitées sont redistribuées entre les serveurs non-affectés. Et même lorsque tous le sont comme en 2002, il est difficile de bloquer complètement le réseau en raison du très important flux de requêtes que chacun des serveurs est capable de traiter par seconde. En effet, les pirates ont utilisé l’attaque par déni de service qui consiste à provoquer la surcharge et bloquer un serveur en générant en très peu de temps un nombre de requêtes trop important pour être traité en même temps.
Au vu des services rendus par les serveurs informatiques, quel que soit son niveau dans la chaine, il est important qu’ils soient protégés. Raison pour laquelle les plus sensibles d’entre eux sont protégés et caché tant physiquement que virtuellement, afin que le fonctionnement d’Internet ne soit perturbé.

Pour tout savoir sur le fonctionnement d’Internet, rendez-vous sur ce site .

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